Une victoire judiciaire importante pour la réhabilitation du Swastika en Allemagne : interview


16 juil., 2018
 Aucun    Europe

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Dans toute l’Allemagne, une personne peut à nouveau utiliser, arborer et montrer publiquement un Swastika, si cela est fait dans un cadre religieux clairement affiché.

Marcel Hoffmann, Guide national raélien pour l’Allemagne, était poursuivi pour son action personnelle en faveur de la réhabilitation du swastika, symbole religieux multi-millénaire car la loi pénale allemande restreint l’utilisation des signes de reconnaissance d’organisations interdites, et tout particulièrement la croix gammée.

Peux - tu nous rappeler les circonstances de cette affaire ?

Depuis 8 ans maintenant le Mouvement Raélien (voir rael.org) organise chaque année, en Allemagne comme dans de nombreux pays occidentaux, des ‘Marches pour la Réhabilitation du Svastika’. En 2012, lors de l’annonce de notre première marche officielle, le service d’ordre de la ville de Karlsruhe nous a signifié par ordonnance l’interdiction de montrer des swastikas. En tant qu’organisateur j’avais immédiatement fait appel de cette décision. Mais aucun réexamen par un tribunal compétent de la décision contestée n’eut lieu. Le jour où devait avoir lieu la manifestation les raéliens présents ne purent utiliser aucun des supports (affiche, bannière, tracts…) montrant des exemples de swastikas et imprimés à cet effet. Le seul symbole autorisé montrant un swastika était le symbole raélien déjà autorisé par la Haute Cour de Justice Bavaroise en 1988. Le responsable du service d’ordre, venu sur place le jour de la marche, affirma que mon courrier, pourtant correctement adressé et recu une semaine avant la date prévue pour la marche, qui l’informait que je faisais opposition à cette décision en tant qu’organisateur, ne lui était parvenu que le soir précédent, et que ce délai était trop court pour qu’une décision de justice puisse être prise. Ainsi, n’ayant plus la possibilité d’utiliser des supports adéquats pour expliquer pourquoi nous demandions la réhabilitation du swastika j’ai annulé la marche et proposé aux personnes venues nous soutenir d’expliquer aux habitants de Karlsruhe (à l’aide des seuls panneaux exhibant notre symbole), la vraie origine du swastika, et aussi que nous demandions sa réhabilitation.

Suite à cette expérience, et en attendant la marche de l’année suivante, j’avais décidé de poursuivre seul (mais toujours accompagné par une personne chargée de photographier une interpellation éventuelle par la police, et d’un témoin) l’action, en portant deux panneaux sur moi qui montraient les swastikas interdits lors de notre tentative de manifester pour leur réhabilitation. J’avais la conviction profonde (et j’avais vérifié dans le texte de loi) que m’interdire cela aussi allait clairement à l’encontre de mes droits fondamentaux et je voulais que nos opposants soient forcés d’expliquer au grand jour, et devant des tribunaux leurs motivations, et pourquoi elles étaient, selon eux, plus importantes que ma liberté d’expression, moi qui ne faisait pas l’apologie du national-socialisme, ni d’aucune idéologie s’y apparentant. Et c’est ainsi, qu’après de longs mois où l’on m’ignorait royalement, un policier détaché lors d’une manifestation importante m’empêcha de continuer mon action et appela en renfort des collègues d’un service de lutte anti-terroriste, qui eux, ordonnèrent à la police locale de confisquer mon matériel et de prendre mes coordonnées pour une poursuite ultérieure. J’ai alors usé de mon droit de faire appel à la justice pour m’opposer à cette saisie, et une procédure en justice a été enclenchée. De jugement en jugement les tribunaux déclarèrent la saisie licite, puis, plus tard, me déclarèrent coupable en m’imposant une amende de 2800 euros.

Que dit la décision ?

Les accusations du parquet font référence à la croix gammée hitlérienne. Or, le svastika religieux est un symbole bien plus ancien et aujourd’hui encore très vénéré dans toute l’Asie, c’est à dire par une grande partie de la population mondiale. Il est un des éléments du symbole porté par les raéliens (voir proswastika.org). Les positions des autorités conduisent à renier à des personnes le droit à porter un symbole dont la signification première n’a rien à voir avec cette triste période récente de l’histoire. Refuse t’on à des chrétiens de porter la croix, symbole sous lequel tant de crimes ont éte commis, telle l’inquisition, la crucifixion, la destruction de civilisations entières, etc..? Ou oblige t’on des producteurs de sac à main de luxe d’arrêter leur production au motif que ces biens sont régulièrement contrefaits et que cela permettrait d’arrêter la contrefacon ?

C’est finalement la plus haute juridiction du Land Baden-Württemberg (le Ober-Landes-Gericht - OLG) qui m’a déclaré innocent concernant l'accusation du parquet d'avoir enfreint la loi sur les signes d'organisations interdites. Ce jugement est, bien heureusement définitif, et ne peut plus être remis en cause en Allemagne.

Ainsi, dans toute l’Allemagne, une personne peut à nouveau utiliser, arborer et montrer publiquement un swastika, si(!) cela est fait dans un cadre religieux clairement affiché. C’est un préalable à toute action visant à réhabiliter ce magnifique symbole religieux. Et c’est ce cadre religieux que le tribunal nous a reconnu.

Jusque-là, la police, les procureurs et même les tribunaux de rang inférieur intimidaient massivement (comme j’ai malheureusement eu à en faire l’expérience) toute personne utilisant un swastika en public, et cela même lorsque la motivation était religieuse, alors que la loi n’interdit l’utilisation publique du swastika que lorsqu’il est utilisé pour promouvoir une idéologie de type national-socialiste, donc politique.

En quoi cette décision est une étape essentielle pour réhabiliter le Svastika, ce symbole de paix ?

Cette décision va dans le bon sens. Le tribunal a relevé, et reconnu l'aspect religieux de mon action en faveur de la réhabilitation du swastika.

Une Haute Cour Pénale m’autorise ainsi à utiliser tous les svastikas présents sur notre visuel (voir photo) et entourant le symbole raélien, donc toutes les formes de swastika, alors que les décisions des tribunaux administratifs (qui sont concernés lorsqu’il s’agit d’une ordonnance) nous en interdisent toujours 5 au motif qu’ils ressemblent trop à la croix gammée. Elle souligne la présence du symbole raélien au centre des autres swastikas pour dire que l’étoile de David (prédominante - un argument issu du jugement de 1988 nous autorisant à utiliser le symbole raélien, où le swastika est entouré d’une étoile de David, l’emblème de nos créateurs extraterrestres) évoque le judaïsme ce qui exclut toute confusion avec une action qui serait menée pour promouvoir le national-socialisme, et donc l’argument principal qui nous était opposé est caduc.

Ainsi le swastika peut enfin être exhibé publiquement par les religions en Allemagne et mon souhait le plus cher serait qu’à l’avenir les autres religions qui vénèrent le swastika nous rejoignent dans notre action pour réhabiliter le swastika, et pour informer les populations des pays occidentaux sur sa vraie origine et sa vraie signification…