Mission humanitaire d’une raélienne au Kenya


04 juin, 2017
 Aucun    Afrique

IMG_4882.JPG.jpg

Donner de l’amour : témoignage lors d’une mission humanitaire d’une raélienne au Kenya pour la reconstruction du clitoris des femmes victimes de l’excision

Le Mouvement raélien à la rencontre de Clémence Linard , Guide raélienne, bénévole de l’ONG Clitoraid et sexologue était à Nairobi au Kenya lors d’une récente mission humanitaire, au cours de laquelle des opérations de reconstruction du clitoris ont permis à 45 femmes et 1 fille de 8 ans de retrouver leur dignité et leur intégrité.

Qu’est ce qui a motivé ton engagement pour cette mission humanitaire ?

Mes motivations se situent tant au niveau personnel que philosophique. Ce sont les valeurs humanistes qui m’animent et guident ma vie : aller sur le terrain, aider, se mettre au service des autres et de causes humanitaires qui me tiennent à coeur. Donner aux femmes excisées la possibilité de recourir à cette chirurgie réparatrice, de se reconstruire est une concrétisation de la vision humaniste de Raël, qui a inspiré la création de l’ONG Clitoraid, en 2004.

Une telle démarche répond profondément à un rêve d’enfant. L’équipe était composée de médecins, de psychologues, de sexologues, du personnel hospitalier et des coordinateurs de projet humanitaires venus de différents pays, de confessions différentes, dont la détermination commune est d’être au service d’une cause qui dépasse tous les égos et fédèratrice.

Quelle est la finalité de l’accompagnement des femmes qui se font opérer ?

La majeure partie des femmes opérées ont contacté Clitoraid au cours des denières années et attendaient de bénéficier de la chirurgie réparatrice, depuis 6-7 ans pour certaines. Ne pouvant pas se permettre financièrement un voyage en Europe ou aux Etats-Unis, elles attendaient avec un espoir qu’on ne peut pas soupçonner tant que l’on n’a pas échangé avec elles. J'ai compris à quel point cette opération et le suivi psycho-sexologique associé représentent pour elles une nouvelle vie et une véritable dignité de femme retrouvée. « Je veux être une femme entière » ou « Je veux retrouver ma féminité » expriment-elles toutes.

Quand elles ont appris par le biais de Clitoraid ou de l’ONG kenyane qui organisait la mission que le Dr Marci Bowers, référence mondiale pour ces opérations et femme d’une grande humanité et bienveillance, venait en Afrique pour opérer et offrir cette chirurgie, ce fut pour elles l’aboutissement de leur démarche et le début d’une nouvelle vie.

Imaginez que vous avez perdu une partie de votre corps…

Vos yeux, vos jambes, votre ouïe… Imaginez qu’un jour on vous informe qu’une opération très simple et gratuite – ou très peu coûteuse selon le contexte – vous permette de la retrouver … Imaginez… On voit des vidéos extrêmement émouvantes circuler sur les réseaux sociaux nous montrant, par le biais de la recherche scientifique, des aveugles recouvrer la vue, des sourds entendre. Et bien les femmes qui retrouvent leur clitoris et bénéficient de cette opération, c’est cela. Avec tout l’impact physique, psychologique et social que cela a en termes de changement vers une nouvelle vie qu’elles espèrent et dont elles rêvent depuis longtemps.

D’un point de vue social, j’ai découvert sur place à quel point elles étaient discriminées et stigmatisées parce qu’elles étaient excisées. C’est la double peine : souffrance de la mutilation et discrimination sociale.

En amont et dans le suivi post opératoire, elles sont ensemble, partagent ce moment qui change profondément leur vie et l’estime qu’elles ont d’elles-mêmes.

L’accompagnement permet d’apaiser l’appréhension qu’elles vivent avant l’opération. Même si c’est leur choix de se faire opérer, elles s’ouvrent à quelque chose d’inconnu pour elles. On les aide à se retrouver elles-mêmes, à partager entre elles ce qu’elles ressentent dans toutes les dimensions (personnelle, sexuelle) et à exprimer ce que cela représente pour elles de se sentir de nouveau femme. Pour être concret, une image traduit cela : on leur redonne des jambes par le biais de la chirurgie et elles réapprennent à les utiliser pour pouvoir marcher ou courir par le biais de l’accompagnement psycho-sexologique et du suivi post-opératoire.

La chirurgie est la première étape. Il faut ensuite se réapproprier le corps. Ceci reste vrai pour toutes les cultures, pas seulement pour les femmes excisées et réparées. Le manque d’éducation sexuelle est encore vivace : il suffit de regarder en France, où pour la première fois, un manuel scolaire représente le clitoris en détail. Cet organe du plaisir est souvent méconnu.

Qu’apporte la vision raélienne sur la sexualité et la liberté des femmes ?

Se (re)découvrir dans ce que l’on est en tant que femme et s’épanouir dans toutes les dimensions.

La philosophie raélienne redonne aux femmes toute la puissance et la place qu’elles ont à affirmer en tant qu’être humain. Des actions initiées par Maitreya Raël comme GoTopless et Clitoraid interpellent toutes les femmes, quelque soit leur culture, leur confession. Ces organisations regroupent des personnes qui ne sont pas forcément raéliennes. Elles permettent aux femmes de se libérer, y compris sur le plan sexuel et sensuel, dans le respect et l’affirmation de ce qu’elles sont. Cette connaissance de soi les amène à poser des choix, en accord avec ce qu’elles sont.

C’est une révolution culturelle pas seulement pour les femmes. Un être humain qui se respecte, a une estime de soi est heureux, épanoui. Et cela a une influence pour toute la société. Cela change les hommes, le monde, l’Humanité entière et amène vers la paix.