Membre d’une minorité religieuse : un citoyen pas comme les autres ?


16 oct., 2010
 Aucun    Europe


Peut on être citoyen muni d’un passeport « français » et membre d’une minorité religieuse, en bénéficiant de tous ses droits?

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Peut on être citoyen muni d’un passeport « français » et membre d’une minorité religieuse, en bénéficiant de tous ses droits ?

Cette question peut sembler saugrenue dans un pays qui se proclame « patrie des Droits de l’Homme » et dont la devise est « Liberté, égalité, fraternité ». Et pourtant, si l’on regarde de plus près la situation réservée à un Raëlien, Kimbangu Mundele PIFFER, elle mérite d’être posée.

Vous avez peut être déjà entendu parler de ce technicien, travaillant depuis 32 ans à France-Télécom, très bien noté par ses chefs, qui s’est vu subitement refuser son renouvellement d’accès à la centrale nucléaire d'EDF située à CATTENOM en Lorraine et classée «secret défense». (http://prorael.org/news.php?item.135.2http://prorael.org/news.php?item.133.1).

Malgré ses demandes d’explication répétées auprès du Directeur et du chef de sécurité de la centrale ainsi qu’à la préfecture et des démarches entreprises auprès de la Commission Nationale Informatique et Libertés, puis auprès de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (Halde), il a fait face à un mutisme complet pendant 5 ans, sur les raisons de cette éviction.

La seule réponse qu’il a obtenu de la Halde est une réponse datée du 2 juillet 2007, précisant que «son dossier est en cours d’instruction, mais que le délai de traitement d’un dossier peut varier selon sa difficulté et sa complexité ».
Comme si Kimbangu Mundele PIFFER, technicien irréprochable et bien noté, n’ayant aucun casier judiciaire, pouvait avoir un dossier volumineux et complexe!

Il a décidé de porter plainte devant l’ONU. Le recours est en cours d’instruction.

Le 13 novembre 2009, après avoir épuisé les recours administratifs et devant l’indifférence des organismes de défense des droits civiques, Kimbangu Mundele PIFFER a décidé d’interpeller le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy, en allant manifester une première fois devant l'Élysée et en demandant à être reçu par le chef de l'État.Il précise «.... Je revendique mon droit à être traité comme n’importe quel citoyen, et je revendique même une protection accrue du fait de mon appartenance à une minorité. Les Droits de l'Homme ne sont pas faits pour protéger la majorité, cette protection va de soi maintenant ; les droits de l'homme sont là pour s'assurer que toutes les minorités, aussi faibles soient elles, ont leur existence protégée et leur droit d'expression garantie. Et c'est un des rôles du Chef de l'État de s'assurer que cette protection est assurée."

Le 7 juin 2010, après 3 ans de sollicitation, la HALDE n’ayant toujours pris aucune décision, Kimbangu Mundele PIFFER décide de manifester devant les bureaux de cette organisation en demandant à être reçu par sa présidente Mme Jeannette BOUGRAB. Aucune suite n’a été donnée à cette demande.

Le 22 juillet 2010, après un combat de 5 années pour le respect de ses droits et après avoir alerté les autorités compétentes françaises et internationales, Kimbangu Mundele PIFFER, évêque Raëlien et leader du Mouvement Raëlien en France, reçoit un courrier du préfet de la région Lorraine Bernard NIQUET, lui annonçant son acceptation «sans objection» pour accéder dans le cadre de son travail au centre nucléaire de production d’électricité de Cattenom.
Tout en remerciant le préfet d’enfin reconnaître officiellement l’iniquité de sa situation, Kimbangu Mundele PIFFER demande des excuses et un dédommagement financier de la part du Gouvernement français pour la discrimination professionnelle subie durant toutes ces années.

Il demande également, comme la loi l’y autorise, à avoir accès à l’avis de la Halde citée dans la lettre. Le Préfet lui répond qu’il attend l’avis !

La même demande a été formulée auprès de la Halde et la réponse est toujours attendue.

Cette affaire, qui est donc loin d’être terminée, traduit l’incohérence totale qui existe entre le discours officiel et les faits. Mais il devient de plus en plus difficile pour ceux qui sont chargés d’appliquer cette politique et qui sont confrontés, au quotidien, à des cas de conscience, de trouver des échappatoires.
Dans un courrier officiel du Ministère de l'Intérieur qu'une raëlienne à reçu suite à son inquiétude de voir le mouvement raëlien qualifié de secte, on peut lire les mots suivants
: « En régime de laïcité, il n'appartient pas à l'Etat de définir ce que serait « une secte » ou « une religion ». Cette absence de définition résulte de la conception française de la laïcité, qui trouve son fondement dans l'article 10 des Droits de l'homme et du citoyen disposant que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public institué par la loi» et qui pose ainsi clairement le principe de la neutralité de l'Etat à l'égard des opinions religieuses. C'est pourquoi tout courant de pensée peut librement s'exprimer, tant qu'il agit dans le cadre de la loi. »(Lettre du 29 juin 2009, Ministère de l’Intérieur, de l’Outre Mer et des Collectivités territoriales, Direction des libertés publiques et des affaires juridiques, bureau central des cultes, référence S 865AL-PC43.01.01)
Même si l'État se refuse officiellement à reconnaître la validité du mot «secte», il subventionne pourtant une organisation comme la MIVILUDES qui, elle, continue à établir et utiliser des listes d’organisations minoritaires considérées comme «sectes dangereuses» et qui, par contre, ne fait rien lorsqu’une organisation majoritaire comme l’Eglise catholique se rend complice de dizaines de milliers de crimes.

La longue démarche de Kimbangu Mundele PIFFER, démontre bien cet état de fait : « deux poids, deux mesures » qu'il cherche à abolir.