Un hôpital du plaisir au Burkina Faso qui reconstruit la fonction originale du clitoris chez les femmes mutilées lors de leur enfance


16 mai, 2007
 Aucun    Afrique

Un an après le lancement de sa campagne « adopte un clitoris », Clitoraid, qui est un organisme à but non lucratif basé à Las Vegas, est en train de poser la pierre angulaire d’un hôpital unique, restituant le plaisir au Burkina Faso.


Pierre Bobo Rn Un an après le lancement de sa campagne « adopte un clitoris », Clitoraid, qui est un organisme à but non lucratif basé à Las Vegas, est en train de poser la pierre angulaire d’un hôpital unique, restituant le plaisir au Burkina Faso. Dans de nouvelles installations, des centaines et éventuellement des milliers de femmes auront l’opération qui répare les organes génitaux mutilés de leur enfance.

Selon une tradition barbare qui persiste toujours dans quelques parties du monde, les fillettes sont forcées de subir une procédure atrocement pénible par laquelle le clitoris est excisé, c’est-à-dire coupé. L’acte est typiquement réalisé sans anesthésie et est souvent exécuté par les mères, elles-mêmes les victimes de cette pratique dans le passé.

Environ 135 millions de femmes dans le monde entier sont victimes de cette détestable tradition. Jusqu’à maintenant, avec tout le dommage fait, très peu pouvait être fait pour les aider à atteindre le plaisir sexuel connu par le reste de l’humanité. La campagne de l’hôpital du plaisir a commencé lorsque le chirurgien français Dr. Pierre Foldes annonça avoir développé une technique qui aide à retrouver la sensibilité sexuelle des femmes qui ont souffert de l’ablation de leur clitoris.

L’histoire de Clitoraid et le programme « adopte un clitoris »
C’est Raël, le chef spirituel du Mouvement Raëlien, qui a d’abord entendu parler des travaux du Dr. Foldes et qui ensuite eût l’idée d’aider le plus de victimes possibles par la création d’un l’organisme Clitoraid.
Raël dit souvent que de sauver les femmes c’est sauver l’humanité, puisque la féminité représente l’avenir. Avec les encouragements de Raël et l’aide d’autres, Clitorais naquis, et sa campagne « adopte un clitoris » a été conçu pour ne pas aider que quelques femmes seulement, mais bien pour financer la construction d’une installation médicale unique, hygiénique et spécialisée, dans laquelle toutes femmes de toutes nationalités et religions pourraient retrouver la sensation de leur clitoris via sa reconstruction.
C’est au Matourkou que sera situé l’hôpital grâce à une levée de fonds intensive effectuée par les Raëliens et d’autres, dans une banlieue du sud de Bobo Dioulasso, la 2e plus importante ville du Burkina Faso, le long des rues Bobo et Banfora.
Après avoir acheté le terrain et fait livrer les matériaux du Canada et l’Europe, les bienfaiteurs de Clitoraid sont confiants qu’ils seront capables de ramasser les 40 000$ qui reste pour compléter les bâtiments.

Plusieurs femmes intéressées par la procédure attendent les médecins bénévoles pour leur traitement. Les femmes affligées ont réagi avec enthousiasme à la nouvelle de la construction de l’hôpital. Plus de 100 candidates sont prêtes à recevoir l’intervention chirurgicale aussitôt que tout sera prêt, selon Banemanie, la directrice de l’association de la Voie Féminine de l’Epanouïssement (AVPE) et représentante de Clitoraid au Burkina Faso.

Plusieurs médecins ont offert leur temps, incluant Dr.Marci Bowers, M.D., de Seattle, Washington, qui se spécialise en gynécologie et chirurgie pelvienne réparatrice. Elle a été l’une des premières à s’offrir comme bénévole et elle a maintenant complété sa formation avec le Dr. Foldes en avril dernier.

Clitoraid espère que d’autres médecins se porteront volontaires alors que le nouveau programme fera parler de lui.
Le Burkina Faso est l’un des pays les plus pauvres du monde et celui dans lequel la pratique cruelle de l’excision du clitoris est scandaleusement prévalant. Pendant que vous lisez ce texte, plusieurs nouvelles fillettes de ce pays seulement seront mutilées.

Mais ces brutales habitudes ne sont pas confinées qu’au Burkina Faso. Des millions de femmes ailleurs sont aussi destinées à passer leur vie sans plaisir sexuel, à moins qu’elles ne reçoivent de l’aide. La vaste majorité d’entre elles vivent dans l’extrême pauvreté comme au Burkina Faso et n’ont pas les fonds suffisants pour une intervention chirurgicale reconstructive. Le programme « Adopte un clitoris » fut conçu pour les aider.

S’attaquer à la source du problème
En même temps, le programme porte de puissants coups au problème à sa source. Le nouvel hôpital n’est pas seulement un cadeau inattendu pour les femmes qui ont perdu leur dignité, mais aussi un message clair à ceux qui perpétuent la mutilation du clitoris comme quoi ce qu’ils font est inutile.

C’est pourquoi beaucoup de femmes Burkinabe ont décidé de devenir profondément impliquées dans la construction de l’Hôpital. Par centaines, provenant d’écoles locales et des banlieues, elles transportent littéralement les pierres de construction de l’édifice comme une façon symbolique de se libérer de la servitude et des traditions répréhensibles qui renient l’essence même de leur droit humain au plaisir physique.

La cérémonie de la pierre angulaire sera tenue samedi, le 26 mai 2008. Plusieurs VIP seront attendues et les membres de la presse nationale ainsi qu’internationale sont invités.

Pour en savoir plus que les activités de Clitoraid et les levées de fonds, ou pour faire un don, visitez www.clitoraid.org