Du discours à la réalité : la diversité vue par la France


10 sept., 2010
 Aucun    Politique

Par Lisiane Fricotté, juriste


DifferencePar Lisiane Fricotté, juriste

Une synthèse réalisée à la demande du Centre d’Analyse Stratégique, organisme rattaché au Premier Ministre, a été rendue public le 13 juillet 2010 (La promotion de la diversité dans les entreprises. Les meilleures expériences en France et à l’étranger. Synthèse, juin 2010). Ce document a pour but d’établir un état des lieux en France sur les phénomènes discriminatoires en entreprise et d’identifier des « bonnes pratiques ». Plusieurs pays ont été pris comme échantillon : le Royaume Uni, la Suède, les Pays Bas, l’Allemagne, les Etats Unis, le Canada.
Dès l’introduction, le document énonce : « Il a été décidé de se concentrer sur 4 critères de discrimination : l’origine, le genre, le handicap et l’âge ».

A la page suivante, il est indiqué : « A certains égards, la France fait même figure de pionnière en inspirant d’autres pays européens. A notre connaissance, la France est le seul pays de l’Union Européenne à décerner un « Label diversité » (depuis 2009) aux entreprises exemplaires en matière de diversité ». « Cependant », précise ce document, « les discriminations persistent, sans qu’il soit d’ailleurs possible d’en cerner exactement l’étendue ».

Nous allons porter un éclairage sur ces deux points qui sont révélateurs de la situation en France sur « la » diversité. En quoi ce document reflète-t-il l’approche de la France sur ce sujet ? En quoi est-il caractéristique d’un comportement vis-à-vis des groupes minoritaires ?

Premier point : un choix a été opéré entre les critères de discrimination. L’origine, le genre, le handicap et l’âge sont les critères retenus et considérés comme non acceptables. Exit les critères de la religion et des convictions religieuses ou bien encore le critère de l’orientation sexuelle qui, pourtant, sont aussi des critères de discrimination interdits. Les auteurs justifient la hiérarchie opérée en mettant en avant le fait que les 4 critères retenus sont fondés sur des « caractéristiques le plus souvent visibles et identitaires sur lesquelles les individus n’ont pas ou peu d’emprise ». Au-delà de cette explication « politiquement correct », cette volonté d’établir une hiérarchie de critères peut aussi être comprise comme étant le reflet de ce que la société accepte, pourrait accepter ou non comme discrimination. Cela signifie qu’il existe aujourd’hui des actes, des comportements discriminatoires, qui sont, de fait, tolérés ou tolérables et d’autres qui ne le sont pas.
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On notera que cette volonté d’établir une échelle de valeurs entre les critères de discrimination se retrouve par exemple, dans l’appréciation faite par des organismes comme le Conseil supérieur de l’audiovisuel, lorsqu’il vérifie si la programmation audiovisuelle reflète la diversité de la société française (voir lettre du CSA adressée à Kimbangu Mundele Piffer, le 23 juin 2010). Dans cette lettre, le CSA explique sa conception du pluralisme et mentionne : « le conseil a précisé, dans une délibération du 10 novembre 2009, que la diversité de la société française concerne notamment les catégories socioprofessionnelles, le sexe, l’origine et le handicap ». C’est à partir de ces quatre critères que le Conseil fait effectuer des statistiques pour évaluer la diversité dans les médias audiovisuels. Là aussi, exit les autres critères comme celui de la religion ou des convictions. Comment, sur quel fondement, les autorités « morales » qui interviennent sur le terrain de la discrimination opèrent-elles leurs propres sélections parmi les discriminations ? Pourquoi traiter certaines discriminations comme plus graves que d’autres ? Pourquoi ignorer la question des discriminations en raison des convictions philosophiques, religieuses, alors qu’elle pèse fortement dans la société ?
Pour exemple, ce technicien employé chez France Télecom qui ne peut plus accéder à un site de travail du fait de son appartenance au Mouvement Raëlien, ou bien encore l’interdiction faite aux personnes appartenant à une minorité religieuse dédaigneusement appelée ‘secte’ en France, soi-disant berceau des Droits de l’Homme, de participer à un forum public sur les Ovni, ou d’accéder à certaines écoles.

Les autorités politiques, administratives et les pouvoirs médiatiques se veulent ou s’autoproclament garants des droits et libertés (liberté d’expression, notamment). Qu’en est-il donc réellement ?
En réalité, il s’agit avant tout de sauver les apparences, de maintenir des illusions, de faire croire.
Ce vernis perd de son éclat et s’effrite dès que les situations sont examinées de plus près. La création d’un label, les discours ne suffisent pas à effacer un mal plus profond.
Qu’il s’agisse de racisme lié à la couleur de la peau, à la sexualité, de racisme religieux ou plus généralement du racisme vis-à-vis de minorités, la France se singularise depuis des décenniesi. L’image de la France « terre des droits de l’Homme » ne fait pourtant guère illusion ii
Son attitude lors de la ratification du pacte international des droits civils et politiques (qui reprend des dispositions de la déclaration universelle des droits de l’homme pour leur donner une valeur juridique) a marqué les experts internationaux. En 1980, la France a en effet refusé de ratifier le texte concernant les minoritésiii qui affirme : « Dans les États où il existe des minorités ethniques, religieuses ou linguistiques, les personnes appartenant à ces minorités ne peuvent être privées du droit d'avoir, en commun avec les autres membres de leur groupe, leur propre vie culturelle, de professer et de pratiquer leur propre religion, ou d'employer leur propre langue ».
Selon l’Etat français, la constitution française, mentionne que l’article 27 du pacte international n’a pas lieu de s’appliquer compte tenu de l’article 2 de la constitution française interdisant toute distinction d’origine, de race, de religion. Autrement dit, la France a considéré que la protection des minorités n’avait pas d’utilité puisqu’elle n’en reconnait aucune.
Quelle hypocrisie alors même que des textes spécifiques ont visé quelques années plus tard les minorités religieuses (Loi dite About Picard) !
Cette négation de l’existence des minorités, sauf lorsqu’il s’agit de leur appliquer des lois restreignant les libertés, alimente un climat de haine peu propice à une pacification et à l’ouverture aux autres.
Quel antidote au racisme ?
La diversité versus l’amour des différences
Le véritable antidote à cette haine serait de cultiver le droit à la différence. « Il faut faire respecter le droit à la différence, à toutes les différences et pas seulement celles jugées acceptables », est un des enseignements fondamentaux de Raëliv : « Aujourd’hui en France, on a le droit d’être différent, mais dans les limites permises, c'est-à-dire qu’on peut s’afficher, Juif, Noir, Arabe, enfin presque parce qu’il ne faut tout de même pas trop insister… »
Encore plus que d’affirmer le droit à la différence, pour changer l’humanité, Raël enseigne d’aimer son lointain, plus que son prochainv.
« La seule façon de changer l’humanité, c’est d’aimer son lointain, plus que son prochain. C’est aimer les noirs plus que les blancs quand on est blanc. C’est aimer les hétérosexuels plus que les homosexuels lorsqu’on est homosexuel. C’est aimer les Tutsis plus que les Hutus lorsqu’on est Hutu. C’est aimer les gens d’une autre religion plus que les gens de la sienne.
Allez vers des concepts plus élevés. Abandonnez cet amour séparateur qui repose sur les discriminations, entre un village et un autre, entre un pays et un autre, entre une planète et une autre, jusqu’à un amour universel qui englobe tout.
Dépassez complètement le racisme. Le dépasser, c’est ne plus voir les couleurs…
Effacez la discrimination. L’effacer c’est ne plus voir les différences physiques, les différences de comportements, les différences sexuelles.
Ne vous limitez pas et dites-vous : ce que je veux voir, c’est une autre conscience qui communique avec ma conscience. Le racisme, le manque d’amour, la discrimination, donnent des limites, nous privent de la communication avec tellement de consciences. Et chaque fois qu’on se limite, on se prive !...
En fait on est dans un bain d’amour et de conscience et certains voudraient s’en séparer, se couper, s’aliéner, en voyant des noirs, des blancs, des jaunes…
Ne vous coupez pas ! Vous êtes dans l’amour, dans la fraternité universelle et dans la conscience, pas seulement autour, mais aussi en vous…Regardez, ressentez ce qui vous compose et qui est en vous.
Nous sommes un, nous sommes dans un bain d’amour. Nous sommes un et il n’y a pas de séparation, sauf celles que nous mettons nous-mêmes et qui nous éloignent les uns des autres.
Nous sommes UN et tout le reste n’est qu’illusion ».